Le NI-NI de la HaINe.

Publié le par M.T

Hier soir, H. Guaino a écarté tout idée d’un rassemblement républicain qui soutiendrait le candidat le mieux placé pour battre le candidat FN. Sur le plateau de « Mots Croisés », il répondait ainsi à Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales qui rappelait à l’ex conseiller spécial de Sarkozy, le mouvement initié en 2002 pour soutenir Jacques Chirac contre l’extrême-droite. Dans un mépris revendiqué, et devant l’insistance de la ministre à revenir sur cet épisode, Guaino balaya la discussion dans un ultime haussement d’épaule appuyé d’un « Je ne vous ai pas demandé de voter pour nous ».

 

Et voilà comment, moi, fille de gauche, ayant donné ma voix à la droite en 2002 pour sauver une conception d’une République libre, égalitaire et fraternelle, et qui pourrait en attendre, non pas même de la reconnaissance ou un merci, mais tout au moins un certain respect, je me retrouve recouverte de la boue que remuent ces héritiers, cherchant ainsi à ensevelir dans leur propre fange tous ceux qui ne penseraient pas comme eux.

 

Alors j’en appelle aux démocrates, j’en appelle aux républicains, j’en appelle à la droite !

 

Ne vous laissez pas contaminer par toute cette haine distillée par des extrêmes et reprise à bon compte par un mouvement qui cache sous une couverture républicaine de plus en plus fine, une volonté de despotisme. Car ne croyez pas qu’une droite décomplexée, c’est une droite moderne et libre, non ! C’est juste une droite qui ne maîtrise plus son ambition de devenir un unique parti légitime, envers et contre tous, tendue vers un absolutisme où nul salut n’existerait en dehors de ses propres rangs.

 

On les entend les Copé, les Guéant, les Morano qui sifflent sur nos têtes la plus mauvaise des musiques, celle du rejet, du mépris, pire de la haine de l’autre et qui aujourd’hui, sans plus de scrupule, en appelle à l’éradication de toute opposition ou parti fort en dehors du leur. On n’entend plus que leurs discours incantatoires et venimeux chargés de distiller le message unique du « si ça va mal, c’est la faute de l’autre », cet ennemi qui ne pense pas comme vous, qui est différent, qui ne vous ressemble pas en tout, en un mot, celui qui ne vote pas comme on lui dit.

 

On les entend tous ceux là-mêmes qui pour légitimer leur ouverture aux thèses les plus extrémistes renvoient la gauche à ces propres soi-disant extrêmes. Front de Gauche, Front National même combat ?  Pour Copé, cela ne fait aucun doute, ça commence pareil ! Beau morceau de bravoure ! Belle intuition !  Alors moi je vais reprendre un des mots de vocabulaire préféré de ce politicien en mal d’argumentaire : totalement irresponsable !

 

Oh, bien sûr, on dit bien qu’on ne demande à personne de voter pour, non, mais plus sournoisement, on s’abstient juste de dire de voter contre. Et Copé de jurer que la décision est unanime de ne pas soutenir un candidat FN, et Morano d’en appeler à ses électeurs… Et Copé de jurer qu’aucune voix divergente ne s’est exprimée, pour surenchérir, lui-même, à l’issu du bureau politique chargé de définir la politique de l’entre deux tours, que l’Ump s’adressait « à tous les français sans exclusive ». A tous ? Ou à certains ?

 

Pardon de l’image mais j’ai l’impression d’entendre « Je ne mange jamais de pomme ! Mais je reprendrais bien un peu de compote ! ».

 

 

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