Il faut sauver le soldat Sarko !

Publié le par M.T

Copé qui s’autoproclame chef avant d’avoir eu la fève et refuse de rendre sa couronne. Fillon qui crie haro sur la commission de contrôle et lève son armée de chouans contre le pouvoir illégitime. La droite décomplexée contre la droite entêtée. Le putsch de l’autoritaire contre le déni du volontaire. Voilà le spectacle auquel nous assistons depuis plus d’une semaine maintenant dans ce grand parti unique de droite, mais plus de droite unie apparemment. Ce combat fratricide semble sonner le glas d’une formation dont les racines plongent au plus profond du mythique rassemblement gaullien. C’est l’Histoire qu’on assassine ! Soudain, voilà détruite l’image vertueuse d’un parti policé, dirigé par de jolis messieurs en jolis costumes, à qui, main sur le cœur, on aurait confié le bon Dieu sans confession C’est comme si on découvrait subitement que grand-mère avait été péripatéticienne toute sa vie. Mais bon, je ne vais pas vous refaire toute l’histoire, et vous l’avez compris, en un mot, à droite, c’est la guerre ! Pourtant, à bien y réfléchir, on pourrait se demander si toute cette guéguerre, qui pourrait se résumer dans un télescopage d’egos, ne serait pas tout simplement un bel et endormant attrape-nigaud ?

 

Lorsqu’il y a un feu en forêt, le meilleur et parfois le seul moyen de l’arrêter, de l’éteindre, est d’en allumer un deuxième. Les souffles ainsi dégagés par chacun des feux qui rentrent alors en contact font qu’ils s’éteignent mutuellement. La manœuvre est culottée mais souvent efficace. Ici, quels sont les feux en présence ? Copé contre Fillon ?... Et si on regardait de plus loin et de plus haut.

 

Quelle est la situation aujourd’hui ? On a une droite moribonde qui s’est fait claquer le beignet sur toutes les dernières élections. Régionales, locales… le nombre des élus a fondu comme neige au soleil pour en arriver à la déroute de l’ex-président parti avec l’eau de bain. On pourrait bien sûr expliquer ce désaveu populaire par l’effet boomerang de la crise mais lorsque l’on perd après avoir clamé que l’on n’avait pas d’adversaires dignes de ce nom en face de soi, si ce n’est un libidineux compulsif ou une falote et molle personnalité, c’est un peu comme le lièvre et la tortue, c’est la honte totale !

 

Et pour se relever de cela, évidemment, pas facile… à moins de continuer de penser qu’on est plus malin que tout le monde et qu’un esprit retord monte une nouvelle machination pour, mine de rien, redonner à l’ancien chef une aura toute virginale et faire de lui la seule option possible et légitime pour sauver le bateau UMP du sabordage dans lequel semble le conduire la situation présente.

 

C’est vrai qu’au début, j’y ai cru. Cela ne me semblait pas outré de voir dans le rôle du Général Lafayette bavard, Copé ; et de l’autre, dans celui d’un Talleyrand tâcheron, Fillon. Et de penser que c’est deux là n’iraient pas vers l’entente tacite me semblait évident, voire même, je m’en délectais d’avance. Mais aujourd’hui cela devient tellement gros que les ficelles finissent par apparaître avec leur cortège de questions. Comment deux personnalités telles que Copé et Fillon pourraient délibérément faire sombrer le navire dans lequel l’un et l’autre se trouvent ? D’habitude, on détruit celui de l’ennemi, pas celui dans lequel on a trouvé refuge soi-même à moins que celui-ci, de par les mauvaises manœuvres passées, ne se soit déjà échoué lamentablement près d’une côte, à l’instar d’un Concordia poussé vers les récifs par un Capitaine mégalomane.

 

La tâche est donc double pour l’UMP, renflouer le bateau mais aussi remettre à sa barre un Capitaine compétent. Or, depuis près d’une décennie, un seul maître à bord a régné sur tout ce joli petit monde, celui-là même qui dans toute sa morgue a oublié que les récifs, c’est comme les icebergs, y’en plus en dessous qu’au dessus.

 

Alors évidement la tâche n’est pas facile d’autant que le dit Capitaine se voit contraint d’aller se confronter à un juge d’instruction qui n’aura sans doute pas oublié qu’il convoque dans son bureau celui qui a voulu par tous les moyens lui retirer son droit à la retraite.

 

D’où le contre-feu. D’un côté, on se sacrifie et on fait semblant de couler, à grands cris, ce qui est déjà au fond de l’eau, mais pour d’autres raisons, et de l’autre, on redore la pilule du Capitaine en lui faisant endosser, mine de rien, les habits d‘un Bruce Willis qui n’hésitera pas à mettre en péril sa propre vie pour accepter, en toute sobriété, le rôle du sauveur acclamé par une foule reconnaissante.

 

Théorie du complot ? Paranoïa aigüe ? Mauvaise lecture de l’actualité ? Peut-être mais cela est mon sentiment d’autant plus ancré que la comparaison, sur un moteur de recherche, attribue au couple Bettencourt/Sarkozy, 6 millions d’entrées contre plus de 10 millions pour le couple Copé/Fillon.

 

Vous en faites ce que vous voulez mais je maintiens, il n’y a pas de fumée sans un gros bateau.

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