DSK ou de l'intérêt des dommages

Publié le par M.T

Un accord amiable serait en passe d’être conclu entre DSK et Nafissatou Dialo. En d’autres termes, DSK va payer. En Amérique du Nord, ce genre de règlements d’affaires n’a rien d’étonnant. Là-bas, on commence par vous tomber dessus, on vous plaque au sol sans ménagement quoi que vous ayez fait car vous êtes présumé coupable, on vous met en prison, on vous accuse de tous les maux, vous devenez l’être le plus abject de la planète pour finalement, le plus naturellement du monde et en toute légalité, obtenir l’absolution en échange d’un gros chèque. Evidement, si les deux parties sont d’accord, pourquoi pas. Moi cela me donne un goût d’inachevé et un peu d’amertume. J’aurais envie de dire : « Tout ça pour ça ? ». Les « shame on you ! », les retransmissions télévisées spectaculaires, DSK, menottes au poignet, marchant blafard devant une meute de journalistes fort à propos contactés, les aveux, les rétractations, les accusations, les mensonges… Et puis le fric, un gros paquet de fric sans doute et on passe à autre chose ? Curieuse justice que cette justice tarifée.

 

Alors j’en viens presque à réclamer moi aussi mon chèque. Que DSK m’envoie un peu de sous pour tout le mal qu’il m’a fait, pour avoir pensé qu’on pouvait être un homme public destiné aux plus hautes fonctions et libre de trousser la première femme de chambre venue. Qu’il me dédommage d’avoir cru qu’il pouvait envisager devenir mon Président et me trahir ainsi, dans une chambre d’hôtel, se pensant au dessus de tout et surtout de la machination ou plus simplement, d’un simple chantage ou d’une révélation dans une presse people. Je veux qu’il me dédommage d’avoir cru en lui, d’avoir suivi avec une grande attention toute sa carrière et d’avoir été fière de le voir gravir les marches du FMI, rassurée de le savoir à ce poste prestigieux, non par pour moi, mais pour le monde. Je veux qu'il comprenne à travers cette condamnation peu glorieuse où l'argent n'est qu'un torchon que l'on jette sur une tâche de gras qui ne partira jamais que désormais, la dernière image que je garderai sera celle où, lamentable et honteux, mal rasé et pestiféré à vie, il a brisé net notre belle histoire au fond d'un prétoire.

 

Dominique, tu permets que je t’appelle Dominique ?, ma carte au parti m’y autorise, tu auras été ma plus cruelle désillusion politique avant même le lynchage de Ségolène et aujourd’hui, l’investiture partiellement démocratique d’Harlem par Martine. Dominique, bon sang, la vie ne t’aura donc jamais appris que quoi qu’on fasse, l’adition, un jour ou l’autre, se présente toujours ? Ne te rends-tu compte de ce que tu nous à fait perdre, à moi, à la France ? Alors oui, après tout, cela vaut bien un dédommagement.

 

Allez va, ne t’inquiètes pas, je ne suis pas comme les ricains, l’argent reçu en pareil cas ne doit pas porter forcément chance. Moi, je me contenterai de la simple reconnaissance de tes remords. Mais j’y tiens !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article