De quelle couleur sera ton bonnet ?

Publié le par M.T

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Il n’aura échappé à personne qu’ici, la question ne se réfère pas à un choix de modeuse ou autre shopping addicted, ni ne fait référence à l’arrivée fulgurante et neigeuse d’un hiver qui s’annonce bien frisquet, mais se pose en tant que nouvelle expression de ses convictions politiques, la tête devenant non plus réceptacle mais support. Et voilà ce petit accessoire laineux encore si ringard il y a peu, couvre-chef généralement enfoui au fond de nos poches et qu’on ne sortait, au pire, que lors de ballades montagnardes frileuses, en passe de devenir le complément fétiche et incontournable de tout mouvement politique ou sociétal. Bien enfoncé sur notre tête, le bonnet nous signe, nous signale, nous catégorise. On ne réfléchit plus, on arbore. On ne débat plus, on affiche. Et c’est désormais moins le slogan que la couleur qui impose. Il y a donc urgence à bien la choisir.

 

Par exemple, le mien a toujours été rouge pour ce côté petit lutin facétieux qui s’harmonise parfaitement avec mon teint. (Oui, parce que chez moi, l’été, le nez est rouge, l’hiver, ce sont les pommettes). J’ai donc clairement une prédestination à l’écarlate. Mais que faire cet hiver ? Ressortir de mon placard ma petite calotte flamboyante au risque de passer aussitôt pour une esclave du patronat breton ou une casseuse de portiques ? That is the la question…

 

Parce que voyez-vous, je ne suis ni l’une ni l’autre. Mes convictions politiques ne m’ont jamais poussée à me joindre aux voix patronales et je n’ai de bretonne que l’amour de cette magnifique région. Quant aux fameux portiques, pendant toutes leurs installations sur nos routes secondaires, je les ai confondus avec des radars nouvelle génération, pilant à chacun de leur passage ce qui m’a valu nombre d’appels de phares furibonds de voitures me suivant et ne comprenant pas ma subite manœuvre.

 

Alors le rouge, cette année, pour moi, c’est foutu.

 

Et le vôtre ? Le sera-t-il, ou rose, bleu, noir ?.... Dans quelle catégorie allez-vous, de fait, accepter d’être inclus ? Car vous n’y échapperez pas. Aussitôt l’objet du délit posé sur votre tête, vous serez dès lors catalogué : extrême gauche, extrême droite, catho, moniteur d’équitation, chauffeurs livreurs…

 

Maintenant, il peut rester l’humour comme dernière pirouette. Figurez-vous que mon propre père, né en région parisienne de parents lorrains et vivant dans le sud de la France, arbore lui-même un joli bonnet rouge, oubli malencontreux de ma part l’hiver dernier. Faisant ses courses, l’homme fut alpagué par un autre client s’écriant : « Tiens, un breton ! ». Mon père, alors, ôta de sa tête son couvre-chef recouvrant une calvitie depuis longtemps avancée, s’excusant : « Non monsieur, un chauve… »

 

Oui… Avoir chaud aux oreilles, cet hiver, ne va pas être simple !

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