La France aura ce qu’elle mérite

Publié le par M.T

La France aura ce qu’elle mérite

L’ascension est inexorable et quasi silencieuse. Marine Le Pen, sans livrer bataille, récolte par brassées les fruits de ses petits semis. « Enfin ! » doit-elle se dire. « J’y suis presque… » Oui, presque. A quelques voix près. A quelques menus pourcentages qui se réduisent comme peau de chagrin. Parce que du chagrin, il va y en avoir. La mariée est trop belle. Lisse, souriante, accorte, Marine Le Pen apparait assagie, sereine, presque fréquentable. Ayant assimilé, non pas l’étranger, mais que de potasser ses fiches et caresser ses chats, ça rapporte. La voilà donc aux portes de l’Élysée, aidée par une gauche moribonde. Quand celle mortifère de Mélenchon lui colle aux basques.

Parce que lui aussi récolte les fruits de sa désinformation, de ses rances desiderata, de ce rêve de petit garçon de devenir Capitaine. Contre vents et marées. Retournant sans honte ni scrupule sa veste plusieurs fois de suite pour y arriver.

On les voudrait aujourd’hui présidentiables ces deux là ? Alors c’est avoir la mémoire courte.

On rappelle les nauséabondes accointances mélenchonesques avec Maduro, président-dictateur qui aura ruiné le peuple vénézuélien ? Les génuflexions lepénistes devant Erdogan ou Orban ? Sa Sainteté Poutine ? Les saillies violentes de l’extrême-gauchiste dès qu’un obstacle ou un juge se dresse devant lui ? Leurs cris d’orfraies dès que la justice les rattrape ? Les deux se trimballant une belle palanquée d’affaires pas très propres aux basques.

On rappelle qu’ils sont les deux seuls politiques français (avec Roussel) à vouloir sortir de l’Otan ? Mais pas tout de suite parce que là, ça craint un peu et somme toute, ça nous protège… Belle logique ! 

Pourtant, que ce soit en politique étrangère ou nationale, eux le soutiennent. Ils auraient tellement mieux fait. Ah si on les avait écoutés ! Pas de covid. Un pouvoir d’achat au zénith. Et un peuple libre et fier auquel on ne ferait plus subir de violence.

Tiens, parlons-en de celle-là.

La violence en France ? A les écouter, eux Présidents, elle disparaîtrait d’un coup de baguette magique. Et pour cause. Ces pompiers pyromanes n’auront qu’à éteindre les feux qu’ils ont alimentés jusqu’à présent. Eux qui auront sapé ce pays pendant des années, poussant leurs petits pions jaunes dans les rues. Les excitant à la violence pour pouvoir mieux dénoncer celle des forces de l’ordre. « Regardez braves gens comme ils nous tapent, nous blessent, nous éborgnent ! » Préparant ainsi leurs futures ripostes outrées. Alors quoi ? La police aurait juste du regarder ces insoumis patriotes piller, incendier, détruire sans rien dire. Et la police n’est pas à défendre. C’est un corps qui obéit. Sans état d’âme. La question à se poser étant : Comment répondre à la violence extrême sans surenchère ?

Alors oui, ils ont beau dos aujourd’hui, tous ces extrémistes, ces antidémocrates, de réclamer de l’apaisement, de l’écoute et du calme après avoir initié autant de haine. Ils auraient tort de ne pas profiter de la lucarne. Du beau boulevard qui s’étend devant eux. Quand rien aujourd’hui ne semble pouvoir les en empêcher.

Ne nous leurrons pas. La responsabilité est commune.

Qu’a fait la gauche sociale-démocrate pendant ces dernières années ? Où était-elle ? Où s’exprimait-elle ? Hidalgo dessinait des couloirs à vélos. Taubira remportait la Primaire Populaire pour renoncer quelques semaines plus tard. Quant au premier secrétaire du PS, il n’avait de Faure que le nom.

La droite ? Pas mieux. Tout le monde a quitté le navire au fil des ans abandonnant sa dernière figure tutélaire, j'ai nommé Xavier Bertrand, parti avec l’eau du bain tel un Juppé sacrifié. Et pourquoi ? Pour s'accrocher à une Pécresse aphone, falote, bousculée par une aile d’extrême-droite-républicaine qui ferait mieux d'aller grossir les rangs de la Marine. Cela aurait le mérite d'être clair.

Voilà où nous sommes réduits.

A regarder les extrêmes monter et sans doute accéder au pouvoir, le barrage républicain pour le second tour ayant rompu pour laisser place au « Tout sauf Macron »…

C’est vrai que Macron, à l’instar de ses opposants, n’aura pas fait mieux pendant tout ce temps. Ce n’est pas comme s’il avait du se prendre une fronde populaire en pleine tête lui reprochant l’incurie de ses prédécesseurs. Puis une pandémie mondiale. Sans oublier une guerre en Europe. Ce n’est pas comme s’il avait versé plus de 11 milliards pour répondre au mouvement des Gilets Jaunes. Et protégé la Nation, souvent malgré elle, à coups de « quoi qu’il en coûte » qui aura évité à plus d’un de sombrer. Pour enfin perdre son temps pour gagner la Paix au lieu d’ouvrir les bras en croix dans deux ou trois meetings que, de toute façon, tout le monde aurait démontés.

Sans être macroniste, je salue la pugnacité et l’intelligence de l’homme. Tout comme j’ai salué un Chirac s’opposant à une intervention française en Irak. Tout comme j’ai maudit un Hollande qui, après avoir ouvert la société française au mariage pour tous à pondérer cette avancée en donnant aux maires la possibilité de refuser de le célébrer.

Maintenant, on peut faire des paris.

Faire le pari que dès que Marine aura endossé son costume présidentiel il n’y aura plus de problème d’immigration. Parce qu’elle n’en parlera plus. Parce que ce sujet qu’elle monte en épingle depuis si longtemps, avant elle son père, et avant lui tous les nazillons de la terre se heurtera à la réalité. Non, ce n’est pas l’immigration qui met en danger la France et plonge les plus pauvres vers plus de pauvreté. C’est un leurre que gobe une majorité qui n’a jamais vu un immigré de sa vie. Mais qui aime bien se faire peur. Et toujours cherche un bouc-émissaire à sa propre détresse.

Mais de toute façon, il n’y aura plus de pauvreté en France. Parce que tout ça sera mis sous le tapis. Parce qu'ils n'auront pas le choix. A moins d'avouer que les pseudos-solutions qu'ils nous opposent depuis tant de temps ne valent rien.

Quant à la guerre, ils détourneront d'un œil pudique leur attention ailleurs, pour sortir de l'Europe et de la protection de l'Otan. Enfin libres mais si fragiles.

Sans plus rien nous en dire.

Sachez-le. En quittant l’opposition, Le Pen comme Mélenchon, au contact brutal des réalités, se tairont devant l’incurie de leurs solutions.

Les dés sont jetés.

La France aura ce qu’elle mérite.

 

PS : La France est, aujourd’hui encore, une démocratie. Que ceux que cela gêne que je m’exprime ainsi se garde bien de me faire des leçons sur la liberté d’expression. Car la leur, que j'ai toujours respecté, n’a en rien à contraindre la mienne.

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