Pire que le coronavirus ?

Publié le par M.T

Ce n’est pas le coronavirus qui anéantira nos démocraties. Non. Même s’il laissera derrière lui des stigmates, plus ou moins douloureuses, physiquement, psychologiquement, ou encore économiquement. Oui, on en meurt. Oui, on en souffre. Et le prix à payer sera lourd. Mais l’humanité lui survivra. Ce virus qui ébranle la planète dans tous ces recoins n’a pas un tel pouvoir de destruction massive qu’il nous effacerait tous. Non. On lui résistera.

 

En revanche, il est un mal plus insidieux, plus contagieux et plus destructeur que le Covid-19. Un mal qui se développe depuis bien plus longtemps et qui est en train d’exploser dans tout le globe. Un mal qui se répand en nous sans qu’on y prête garde et qui nous détruit à petits feux.

 

Je parle de la polémique, dans sa forme la plus aigüe.

 

Ses symptômes ? Une cacophonie généralisée et abêtissante où chacun se gargarise de sa propre opinion et qui altère durablement notre capacité d’analyse.

 

Sa transmission ? Les réseaux sociaux dans lesquels transitent les égos les plus surdimensionnés.

 

Le nombre de cas ? Innombrable et en exponentielle augmentation.

 

Y a-t-il des personnes à risque de développer une forme plus sévère de la maladie ? En fait, et c’est bien là le pire, personne n’est à l’abri de graves complications. Vous, moi, bref, tout le monde risque de développer, à plus ou moins court terme, une forme délétère de cette maladie.

 

Ses conséquences ? Un symptôme irréversible d’intolérance. La bienveillance disparaît ainsi que l’empathie, emportant dans leur tourmente toute notion de tolérance. Les échanges ne sont plus là pour l’argument mais pour l’injonction.

 

Comment savoir si on en est atteint et à quel stade ? Tout d’abord, on commence par ressentir une simple curiosité fébrile qui nous fait lire tout et n’importe quoi. Puis, par un mécanisme de saturation doublé d’une dose d’auto-conviction, l’opinion ainsi établie coupe nos transmetteurs vers l’intelligence. On est alors submergé par un afflux rageur et souvent de forme colérique qui nous pousse à vouloir imposer notre propre vision. Parfois, on a remarqué que cela pouvait occasionner des troubles de la vue poussant certains à voir jaune ou bien rouge, selon les individus. En phase aigüe, les démonstrations certifiées, les applications savantes, juste le bon sens sont balayés par la conviction d’avoir raison. Et peu importe si cela est vrai. Cela est. On va alors ressentir l’urgence de le clamer haut et fort. On a alors atteint la phase critique de la polémique.

 

Le degré d’intelligence a chuté. Le système immunitaire de la réflexion est anéanti. Le taux d’écoute est au plus bas. On peut, dans des cas extrêmes, rencontré les symptômes similaires à ceux d’un delirium tremens qui nous feront prendre nos vessies pour des lanternes.

 

Maintenant, faute de mesures de prévention solides telles que « se renseigner » « vérifier » « s’informer dans son spectre le plus large » , existe-il un remède ? Difficile à dire tant la guérison est incertaine et les taux de rechutes multiples. Pour cela, il faudrait se poser, s’écouter, discuter et non imposer, et surtout, molécule de plus en plus rare, faire preuve d’honnêteté. Reconnaître ses excès et ses erreurs.

 

Autant dire que le vaccin n’est pas prêt de voir le jour, ni même d’entrer dans sa phase de tests. La polémique en milieu stérile a donc encore de beau jour devant elle et on n’est pas près de s’en débarrasser.

 

Je vous le dis. On finira par le regretter ce covid-19…

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